Ententes d’approvisionnement : une façon de réaliser de grosses économies sur les achats de matières premières

Par Christian Tremblay | En tant que consultant et formateur en gestion des approvisionnements auprès des PME de notre région depuis 9 ans, j’ai réalisé que la majorité de ces dernières avaient beaucoup à gagner à adopter de meilleures pratiques d’achat. Elles peuvent en effet économiser d’importantes sommes équivalant parfois à 5 à 10 % des dépenses d’achat annuelles.
De nombreuses stratégies souvent simples à adopter ou à implanter peuvent aider à réduire ces coûts. Tout d’abord, afin de récupérer de précieux dollars, des ententes annuelles d’approvisionnement en matières premières peuvent être faites. Toute entreprise dans un secteur donné a presque toujours une, deux ou plusieurs matières premières utilisées à grand volume et de façon récurrente. Pensons à une entreprise dans la fabrication d’équipement métallique qui utilise de l’acier ou une entreprise dans le moulage par injection qui utilise de la résine plastique. Trop souvent, ces entreprises vont en soumission toutes les semaines avec de petites quantités auprès de divers fournisseurs alors qu’elles pourraient aller en soumission une fois l’an avec leur volume annuel et obtenir de bien meilleurs prix unitaires. Un fournisseur qui a un engagement annuel d’un volume d’affaires X de la part d’un client pourra obtenir de meilleurs prix du côté de ses propres fournisseurs. C’est donc la chaîne d’approvisionnement qui est optimisée.

Il y a 4 ans, j’ai fait une petite intervention dans une PME de la Chaudière-Appalaches qui utilisait de l’acier galvanisé en feuilles. L’entreprise achetait pour environ 800 000 $ de cette matière annuellement. Le tout était réparti en 8 épaisseurs distinctes. L’entreprise allait en soumission une fois par mois auprès de 4 ou 5 distributeurs québécois d’acier en feuilles. Comme l’entreprise était capable de prévoir à 90 % sa consommation pour l’année à venir pour ses 8 épaisseurs, elle a fait une demande de soumission en détaillant son volume prévu pour ces 8 SKUs pour l’année à venir. Comme les prix de l’acier varient énormément dans le temps, j’avais suggéré à l’entreprise de demander une offre pour des prix de départ pour un premier trimestre, mais en suggérant une indexation des prix (basée sur les prix de l’acier en feuilles additionnés du taux de change) pour les 3 autres trimestres s’il y avait des variations significatives des prix, à la hausse comme à la baisse.

Lorsque l’entreprise a reçu des soumissions pour son volume annuel, les prix unitaires offerts étaient de 7 à 8 % inférieurs à ce qu’elle payait au même moment pour des quantités mensuelles. Pour cette PME, cela représentait une économie annuelle de 50 000 $ à 60 000 $. Il lui aurait fallu accroître ses ventes de 50 % dans l’année à venir pour générer un profit net annuel équivalent!

De plus, il y a une économie appréciable de temps à travailler avec des ententes annuelles, car l’entreprise n’a plus besoin de demander des soumissions tous les mois. Fait important à noter : avec un tel engagement annuel, l’entreprise acheteuse n’est pas facturée entièrement au début de la période. De plus, il est possible de mettre des clauses dans l’entente stipulant qu’elle pourra être terminée en tout temps (après avertissement) s’il y a de quelconques problèmes avec le fournisseur. Puis, il est souvent possible de mentionner dans l’entente que le volume annuel initialement prévu pourrait varier un peu.

Si vous voulez en savoir plus sur cette pratique d’affaires, n’hésitez pas à me contacter!

Christian Tremblay B.A.A.
Directeur – Chaîne d’approvisionnement
Développement PME Chaudière-Appalaches
Tél. : 418-387-2206, poste 2305
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