Les fuites silencieuses : ces détails numériques qui peuvent freiner votre développement à l’international.
Participer à une mission commerciale aux États-Unis, exposer dans un salon en Europe, développer de nouveaux partenaires ou investir dans une campagne de prospection : diversifier ses marchés demande du temps, des ressources et des investissements importants. Pourtant, pendant qu’une entreprise concentre ses efforts sur son développement à l’international, certains détails de sa présence numérique peuvent facilement passer sous le radar.
Un formulaire de demande de soumission qui refuse un ZIP Code américain. Une fiche technique disponible uniquement en français. Une traduction approximative. Un numéro de téléphone international impossible à inscrire. Un appel à l’action qui mène au mauvais endroit. Une certification importante difficile à trouver. Des informations différentes entre les versions française et anglaise du site. Ce sont parfois de petites erreurs, mais elles peuvent créer des incohérences dans un parcours numérique qui, lui, devrait soutenir les ambitions de l’entreprise.
Et c’est souvent là que se trouvent les « fuites silencieuses » : dans des éléments que l’on ne remarque plus parce qu’on connaît trop bien nos propres outils.
Traduire ne veut pas nécessairement dire adapter
Lorsqu’une entreprise souhaite développer de nouveaux marchés, traduire son site Web est souvent l’une des premières étapes. Mais avoir une version anglaise ne signifie pas nécessairement que le contenu est adapté au marché ciblé.
Le vocabulaire technique, les appellations de produits, les normes, les certifications, les unités de mesure et même les arguments mis de l’avant peuvent varier d’un territoire à l’autre. Une traduction peut donc être linguistiquement correcte sans correspondre entièrement à la façon dont un marché parle, recherche ou comprend une offre.
La même réflexion s’applique au référencement. Les termes utilisés au Québec pour rechercher un produit ou une expertise ne sont pas automatiquement ceux employés aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie ou ailleurs.
Et l’analyse ne devrait pas s’arrêter au site Web. Réseaux sociaux, articles de blogue, fiches techniques, études de cas, vidéos et autres contenus participent eux aussi au positionnement numérique de l’entreprise. L’ensemble devrait raconter une histoire cohérente avec les marchés que l’organisation souhaite développer.
Et si le plus grand angle mort était le positionnement ?
C’est probablement ici que l’exercice devient le plus stratégique. Changer de marché, c’est aussi changer d’environnement concurrentiel.
Une entreprise peut avoir une présence numérique très forte au Québec et découvrir une réalité complètement différente lorsqu’elle analyse les joueurs déjà établis dans les territoires qu’elle souhaite développer.
Comment ces concurrents présentent-ils leur offre ? Quels arguments mettent-ils de l’avant ? Quelles certifications valorisent-ils ? Quel vocabulaire utilisent-ils ? Quels contenus produisent-ils ? Comment démontrent-ils leur expertise ? Quels appels à l’action privilégient-ils ?
L’objectif n’est pas de reproduire ce qu’ils font, mais plutôt de comprendre les standards du marché et de déterminer comment l’entreprise se positionne par rapport à eux.
Cette comparaison peut faire ressortir des éléments beaucoup plus importants qu’une simple erreur technique : une proposition de valeur qui gagnerait à être clarifiée, une expertise distinctive qui n’est pas suffisamment mise de l’avant, des preuves de crédibilité peu adaptées au marché ciblé ou encore des occasions de différenciation qui ne sont pas exploitées.
Prendre du recul avant d’accélérer
Avant d’investir davantage dans une nouvelle mission commerciale, une campagne de prospection ou le développement d’un nouveau territoire, il peut donc être pertinent de regarder l’ensemble de son écosystème numérique avec un œil neuf.
Tester réellement les formulaires. Parcourir les différentes versions linguistiques. Vérifier les liens, les appels à l’action et les documents téléchargeables. Observer la cohérence entre le site Web et les réseaux sociaux. Analyser les termes recherchés dans les marchés ciblés. Et surtout, comparer son positionnement à celui des concurrents qui y sont déjà établis.
Prendre ce pas de recul sur son écosystème numérique permet d’éliminer les irritants invisibles et de prioriser les correctifs qui auront un impact direct sur vos résultats d’affaires.
Test éclair : votre écosystème numérique est-il prêt pour l’international ?
Prenez deux minutes pour répondre à ces trois questions :
- Le test de la demande de soumission
Avez-vous testé récemment votre formulaire de demande de soumission pour vous assurer qu’il fonctionne réellement ? Et surtout, recueille-t-il les bonnes informations pour vous permettre de comprendre et de qualifier adéquatement un nouveau prospect : entreprise, pays, besoin, projet, échéancier ou autres informations pertinentes ?
- Le test des premières secondes
Sans même faire défiler votre page d’accueil, est-il possible de comprendre clairement ce que fait votre entreprise ? La première phrase que l’on voit explique-t-elle votre offre, votre expertise ou votre valeur ajoutée de façon suffisamment claire pour quelqu’un qui ne vous connaît pas ?
- Le test du positionnement concurrentiel
Avez-vous déjà comparé votre présence numérique à celle des principaux concurrents établis dans les marchés que vous souhaitez développer ? Votre proposition de valeur, vos contenus et vos éléments de crédibilité vous permettent-ils de vous positionner clairement dans cet environnement ?
Si vous avez répondu « non » ou « je ne sais pas » à au moins une de ces questions, votre plateforme laisse probablement s’échapper de précieuses opportunités sans que vous le sachiez.
Prêt à valider la solidité de votre présence internationale ?
Où en est réellement votre présence numérique ? Que vous souhaitiez l’optimiser dès maintenant ou préparer votre diversification vers de nouveaux marchés, prenez le temps de valider si votre écosystème numérique soutient vos objectifs d’affaires.
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